Manitoba
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Manitoba Agriculture, Food and Rural Initiatives

Manitoba Rapport hebdomadaire de Légumes

Les rapports hebdomadaires des insectes ravageurs et des maladies observées au Manitoba par le Programme de dépistage de légumes

Carottes | Choux maraîchers | Cucurbitacées | Oignons | Maïs sucré Autres

Sommaire Général

Onion turning-part of the drying process in onion cultivationLe point sur les maladies et les insectes ravageurs des cultures légumières au Manitoba en 2008
Le Programme de dépistage hebdomadaire des ennemis des cultures légumières s’est poursuivi en 2008, l’accent ayant été mis cette année sur le chou, le chou-fleur, le concombre, le maïs sucré, les oignons, les betteraves rouges et les carottes.

Pour ce qui est des problèmes liés aux insectes, l’année 2008 a été l’opposée de l’année 2007 de plus d’une façon. Le nombre relativement peu élevé de difficultés causées par les insectes en 2008 peut être attribué au temps violent qui s’est déchaîné à travers le Midwest des États-Unis au début de notre saison de croissance. Les fortes pluies qui ont détruit la plupart des champs de maïs de cette région ont également bloqué la migration de nombreux insectes nuisibles vers notre province. Un nombre important des ravageurs les plus nuisibles du Manitoba passent l’hiver dans le sud des États-Unis et migrent au Manitoba pendant l’été. Il s’agit notamment de la fausse-teigne des crucifères, de la fausse-arpenteuse du chou et de la cicadelle de l’aster. Aucune de ces espèces n’a causé de dégâts majeurs en 2008.

Dans l’ensemble, les problèmes de maladies n’ont guère été préoccupants, et ce, pour la plupart des cultures légumières. Aucune maladie n’a pour ainsi dire attaqué les betteraves rouges, les carottes, le chou et le chou-fleur en 2008. C’est le maïs qui a été le plus intéressant cette année, à cause de l’apparition d’helminthosporiose du Nord et d’helminthosporiose en tout début de saison, ce qui a beaucoup alarmé les producteurs. À la fin de la saison, ces deux maladies étaient devenues moins critiques. Les maladies des oignons ont été similaires à celles des années passées, avec notamment des problèmes de moisissure grise et de racine rose. Pour les oignons entreposés par contre, la pourriture du col a été un sérieux problème et entraînera des pertes importantes pour les producteurs d’oignons. L’incidence de la jaunisse de l’aster chez les carottes était à son niveau le plus bas depuis 10 ans et il y a aussi eu des problèmes de brûlures des feuilles, mais ils n’étaient guère préoccupants.

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Carrots

L’année 2008 a été de tout repos comparativement au cauchemar de 2007, où il y a eu d’énormes populations de cicadelles de l’aster et de graves problèmes de jaunisse de l’aster. Les différences entre ces deux saisons étaient à la fois spectaculaires et révélatrices. L’une des grandes questions que l’on nous pose souvent est de savoir si oui ou non les cicadelles de l’aster peuvent passer l’hiver ici, au Manitoba. Étant donné l’incroyable densité de population de cicadelles en 2007, nous devions nous attendre à une population printanière assez élevée si ces insectes étaient capables de survivre à l’hiver dans une plus ou moins large mesure. C’est pourquoi nous étions prêts à faire des prélèvements sur les carottes en tout début de saison (ce que nous faisons chaque année), mais aussi dans des champs de céréales voisins, du fait que les cicadelles préfèrent cet hôte en début de saison et qu’elles peuvent s’y reproduire. Nous avons prélevé des échantillons dans cinq champs de blé et cinq champs de carottes tout au long de la saison de croissance et nous avons été très surpris de ne trouver que de très faibles taux de cicadelles.

Les premiers symptômes de jaunisse de l’aster ont été décelés le 8 août 2008 dans un champ, et les taux étaient très bas (seulement des traces). Une semaine plus tard, nous avons décelé de la jaunisse dans 3 champs sur 5, à des taux bien en dessous de 1 % (l’année dernière, il y avait eu des taux de près de 60 % dans un champ). À la fin de la saison, il y avait de la jaunisse dans quatre des cinq champs examinés, mais encore une fois à l’état de traces (les taux étaient trop bas pour être évalués avec précision) et il n’y a probablement eu aucune conséquence notable sur les rendements.

Dans les courbes ci-dessous, la ligne bleue représente le seuil de nuisibilité économique. Pendant l’année 2007, il y a eu des moments où les densités de population n’ont pas pu être abaissées en dessous de ce seuil, malgré les pulvérisations effectuées. En 2008, aussi bien dans les champs de blé que dans ceux de carottes, les densités de population n’ont pas une seule fois dépassé le seuil de nuisibilité. Le plus fort index de jaunisse de l’aster de 2008 a été 42, et il a été atteint la dernière semaine de juillet. En 2007, la valeur maximale de cet index était d’environ 4800. Pour les variétés de carottes résistantes, le seuil de nuisibilité économique correspond à un index de 100. Une comparaison des photos prises en 2007 et en 2008 illustre clairement la différence drastique de niveau d’infection, comme en témoignent les symptômes visibles dans les champs de carottes.

Figure 1 : Graphique présentant les différences d’index de jaunisse de l’aster entre 2007 et 2008, pour des champs de carottes de Portage-la-Prairie, au Manitoba.

Figure 1 : Graphique présentant les différences d’index de jaunisse de l’aster entre 2007 et 2008, pour des champs de carottes de Portage-la-Prairie, au Manitoba.

Figure 1 : Graphique présentant les différences d’index de jaunisse de l’aster entre 2007 et 2008, pour des champs de carottes de Portage-la-Prairie, au Manitoba.

Figure 1 : Graphique présentant les différences d’index de jaunisse de l’aster entre 2007 et 2008, pour des champs de carottes de Portage-la-Prairie, au Manitoba.

Figure 2 : Graphique présentant les différences d’incidence de symptômes entre 2007 et 2008, dans des champs de carotte de Portage-la-Prairie, au Manitoba.

Figure 2 : Graphique présentant les différences d’incidence de symptômes entre 2007 et 2008, dans des champs de carotte de Portage-la-Prairie, au Manitoba.

Quant à la question de la survie des cicadelles de l’aster en hiver, nous pensons qu’il n’y a aucun risque à dire que les quelques cicadelles qui survivent à nos hivers ne contribuent que de manière négligeable à la population de cicadelles que nous voyons pendant la saison de croissance. La plupart des recherches faites sur le sujet suggèrent que les cicadelles pourraient être capables de passer l’hiver au stade d’œuf dans des régions nordiques (Kansas, Nebraska) mais que ces individus ne contribuent pas de manière significative aux populations observées l’été suivant, et c’est exactement ce que nous avons pu observer. Les conditions hivernales n’ayant pas été exceptionnellement dures l’hiver 2007-2008, il n’y a aucune raison particulière permettant d’expliquer la baisse spectaculaire de population que nous avons connue après l’explosion de 2007. Il semblerait donc que les cicadelles ne survivent tout simplement pas aisément pendant l’hiver, dans le nord de leur aire de répartition géographique. De notre point de vue, ce sont donc des insectes ravageurs essentiellement migrateurs dont nous devons surveiller l’arrivée avec les vents du Sud.

 

Forked CarrotsLes premières carottes fourchues (cause incertaine) ont été observées le 11 juillet à Portage-la-Prairie, à des taux de 12 et 20 % dans deux champs. À la fin de la saison, on observait ce genre d’imperfection dans tous les champs, à des niveaux de 8 %, 12 %, 20 %, 4 % et 32 % respectivement. Il faut savoir que la taille de nos échantillons hebdomadaires est assez petite et que c’est pour cela qu’il y a de telles variations dans ces nombres.

 

Des symptômes de brûlure cercosporéenne de la carotte (Cercospora carotae) et dans une moindre mesure, de brûlure alternarienne de la carotte (Alternaria dauci), ont été observés pour la première fois le 18 juillet dans quatre des champs surveillés cette année. Dès le 8 août 2008, la brûlure cercosporéenne était présente dans tous les champs à des taux de 32 %,16 %,12 %, 64 % et 52 %. Dans l’ensemble, les dégâts liés aux brûlures des feuilles ont été Leaf blight of Carrots.mineurs, vu que les taux de gravité sont restés bas pendant toute la saison 2008.

 

 

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Choux maraîchers 


Figure 1 : Altise sur chou.Le seul problème important pour les choux cette année, dans la plupart des champs, a été la présence d’altises. Les populations n’étaient pas excessivement importantes en début de saison, mais comme nous le constatons chaque année après la récolte du canola, le nombre d’insectes en train de se nourrir peut être vraiment élevé dans les cultures de choux maraîchers qui sont plus tardives. Dans l’ensemble, les populations pourraient être qualifiées de modérées.

Figure 2 : Fausse-arpenteuse du chou sur chou.Les chenilles nuisibles qui ont causé des dégâts importants au cours des quelques années passées étaient fort heureusement absentes, pour la plupart. Comme mentionné dans le résumé d’ensemble, la fausse-arpenteuse du chou et la fausse-teigne des crucifères sont toutes les deux des espèces migratrices et peu d’entre elles ont réussi à atteindre le Manitoba. Nous n’avons trouvé qu’une seule fausse-arpenteuse du chou cette année. Il est probable qu’il y en avait plus qu’une, bien sur, mais le plus gros de la Figure 3: Cabbage White butterflypopulation n’a pas réussi à remonter à nos latitudes. La piéride du chou n’a pas été un ravageur important cette année, du fait que les populations sont restées de petite taille, après deux années de fortes infestations en 2005-2006. En général, après une pullulation d’insectes ravageurs, ses ennemis naturels restent en nombre suffisant par la suite pour limiter les populations et cela pourrait expliquer l’absence de problèmes liés à ce ravageur.

Figure 4 : Thrips.Les thrips ont fait leur entrée sur scène habituelle, après avoir quitté les champs de céréales moissonnés, et ils ont causé quelques perturbations à l’automne dans les cultures de choux maraîchers, mais les producteurs ont bien géré ce problème et les dégâts n’ont pas été importants.

Les maladies touchant les choux ont été peu nombreuses en 2008, la pourriture sclérotique ayant été observée sur une plante, ce qui n’a rien d’inhabituel et qui n’est guère préoccupant dans un champ en comptant plusieurs milliers.

 

Cucurbitacées



Figure 1 : Chrysomèle rayée du concombre.À l’inverse de 2007, les chrysomèles du concombre, aussi bien les chrysomèles rayées que maculées, étaient largement absentes des zones et des champs dans lesquels nous avons mené nos activités de dépistage. Nous n’avons vu qu’une seule chrysomèle rayée adulte, en tout et pour tout. Figure 2 : Chrysomèle maculée du concombre.Toutefois, comme les densités de population de cette chrysomèle sont souvent très variables d’une région à l’autre, le fait que nous n’en ayons pas vu dans les champs que nous avons examinés ne veut pas dire qu’il n’y en avait pas dans d’autres endroits de la province. D’après les rapports téléphoniques que nous recevons, il arrive d’ailleurs souvent que même lorsque nous ne voyons rien localement, d’autres régions peuvent avoir des densités de population bien plus élevées. C’est pour cette raison majeure que nous recommandons toujours aux producteurs de surveiller leurs propres champs, car ce que nous voyons n’est pas forcément représentatif de ce qui se passe dans leur région.

Figure 3 : Tache angulaire sur des citrouilles et du concombre Dans les champs de concombres et d’autres cucurbitacées examinés, nous avons décelé des cas de tache angulaire (Pseudomonas syringae pathovar lachrymans) le 18 juillet sur les feuilles d’une plantation près de Portage-la-Prairie. Les symptômes observés n’étaient pas sévères et ce pathogène semble s’être peu propagé, les producteurs n’ayant signalé que peu de pertes économiques.
 

Maïs sucré  



Northern Corn Leaf blightDes symptômes d’helminthosporiose du Nord (Exserohilum turcicum) et d’helminthosporiose (Cochliobolus carbonum) ont été observés chez le maïs pour la première fois la semaine du 4 juillet 2008, à Portage-la-Prairie, et ensuite le 18 juillet, dans les régions de Beauséjour et de Steinbach. On a aussi décelé la présence de tache bactérienne (Pseudomonas syringae pathovar syringae) dans la région de Portage-la-Prairie, à la même période.

On a observé de l’helminthosporiose du Nord sur du maïs à Otterburne la semaine du 21 juillet. Aussi bien à Portage-la-Prairie qu’à Otterburne, les symptômes semblaient toucher un grand nombre de plantes, mais la gravité est restée mineure. Après juillet, peu de nouveaux symptômes sont apparus et la menace que posait cette maladie a diminué (elle peut causer des dégâts majeurs après la floraison).

La rouille commune du maïs (Puccinia sorghi) a été observée pour la première fois dans les champs le 22 août, mais les seuils de traitement pour cette maladie n’ont pas été atteints, dans aucun des champs surveillés (ce qui est typique au Manitoba).

 


Oignons  

Dans certains champs, le nombre de thrips est resté bien en dessous du seuil de nuisibilité économique pendant la saison de croissance. Aucun véritable problème n’a été signalé dans la région de Portage-la-Prairie, mais les producteurs ont eu plus de difficultés dans celle de Winkler, où l’on soupçonne une résistance aux insecticides. Le temps n’a pas été idéal pour les thrips qui préfèrent les journées chaudes et sèches et il y en a eu relativement peu en 2008.

Figure1 : Pourriture grise de l’oignon.

Cette année, la pourriture grise (Botrytis cinerea) a été décelée la première fois le 18 juillet, à Portage-la-Prairie. Cette maladie fongique surgit presque toujours à un moment ou à autre pendant les saisons de croissance très humides. Cette maladie a été identifiée dans un champ de Portage-la-Prairie, à un niveau typique (bien en dessous de 1 %). Le temps humide, frais et nuageux qui a régné à l’époque des moissons et du dessèchement des cultures en septembre était idéal pour le développement d’infections causées par ce pathogène du sol ainsi que pour le développement de la pourriture du col (Botrytis allii).

Figure 2 : Pourriture du col de l’oignon, sur le cultivar Corona.La pourriture du col est apparue en octobre dans trois variétés d’oignons entreposés (Prince, Corona, et Red Wing) à des niveaux respectifs de 1,1 %; 0,7 % et 1,8 %. D’après les observations faites en novembre 2008, il est probable que le taux de contamination va augmenter dans les cultivars sensibles, ce qui fera de l’année 2008 une très mauvaise année pour ce qui est des pertes liées à la pourriture du col. On ne connaît pas encore l’envergure des pertes, mais la dernière semaine de novembre, les prévisions n’étaient pas encourageantes.

Figure 3 : Tache brune de l’oignon.Des taches brunes ou taches de café apparaissent lorsque le champignon Botrytis cinerea, qui doit infecter des tissus vivants ou succulents, pénètre dans le bulbe après que le tissu foliaire (les bulbes sont des feuilles modifiées) se soit desséché. Ces taches ne sont pas préoccupantes du point de vue économique (ou de tout autre point de vue, à part esthétique), mais si la colonisation n’est pas restreinte aux portions desséchées de la plante, la maladie peut évoluer en pourriture grise.

Figure 4 : Racine rose de l’oignon.On a observé la présence de stemphyliose (Stemphylium vesicarium) le 22 août. Cette maladie est fréquente, mais elle cause rarement des problèmes au Manitoba chez les oignons. Dans un champ d’oignons biologiques, les oignons n’ont pas bien grossi. Une partie au moins de ce problème pouvait être attribuée à la racine rose (Phoma terrestris), qui a été trouvée dans quatre des vingt oignons échantillonnés au hasard le 29 août 2008.

Figure 5 : Moisissure bleue de Penicillium sur des oignons.Pour les oignons entreposés, des échantillons avec de la moisissure bleue (provoquée par des espèces de Penicillium) ont été apportés à notre laboratoire de diagnostic. Il s’agit généralement d’un pathogène qui se développe dans les blessures, mais il peut également causer des dégâts sur des bulbes intacts. Une fois que ce champignon atteint les tissus succulents du bulbe, la décomposition de l’oignon peut être rapide. On ne sait pas trop jusqu’à quel point il est répandu.

 


 

Autres

Asperges:

Figure 1 : Criocère de l’asperge.Nous avons réussi à trouver quelques criocères de l’asperge cette année, ce qui est assez inhabituel pour nous. Nous ne les considérons pas comme un problème, mais plutôt comme une curiosité, et ils nous ont permis de prendre de belles photos. Ils peuvent causer des dégâts économiques, mais dans l’ensemble, ils sont relativement faciles à gérer.

 


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Prepared by: Brent Elliott Entomologist Ph. 204-745-5669 Philip Northover Pathologist
Ph. 204-745-5694 Manitoba Agriculture, Food and Rural Initiatives, Crops Knowledge Centre, Carman