Carrots
L’année
2008 a été de tout repos comparativement au cauchemar de 2007,
où il y a eu d’énormes populations de cicadelles de l’aster et
de graves problèmes de jaunisse de l’aster. Les différences
entre ces deux saisons étaient à la fois spectaculaires et
révélatrices. L’une des grandes questions que l’on nous pose
souvent est de savoir si oui ou non les cicadelles de l’aster
peuvent passer l’hiver ici, au Manitoba. Étant donné
l’incroyable densité de population de cicadelles en 2007, nous
devions nous attendre à une population printanière assez élevée
si ces insectes étaient capables de survivre à l’hiver dans une
plus ou moins large mesure. C’est pourquoi nous étions prêts à
faire des prélèvements sur les carottes en tout début de saison
(ce que nous faisons chaque année), mais aussi dans des champs
de céréales voisins, du fait que les cicadelles préfèrent cet
hôte en début de saison et qu’elles peuvent s’y reproduire. Nous
avons prélevé des échantillons dans cinq champs de blé et cinq
champs de carottes tout au long de la saison de croissance et
nous avons été très surpris de ne trouver que de très faibles
taux de cicadelles.
Les
premiers symptômes de jaunisse de l’aster ont été décelés le 8
août 2008 dans un champ, et les taux étaient très bas (seulement
des traces). Une semaine plus tard, nous avons décelé de la
jaunisse dans 3 champs sur 5, à des taux bien en dessous de 1 %
(l’année dernière, il y avait eu des taux de près de 60 % dans
un champ). À la fin de la saison, il y avait de la jaunisse dans
quatre des cinq champs examinés, mais encore une fois à l’état
de traces (les taux étaient trop bas pour être évalués avec
précision) et il n’y a probablement eu aucune conséquence
notable sur les rendements.
Dans les courbes ci-dessous, la ligne bleue représente le
seuil de nuisibilité économique. Pendant l’année 2007, il y a eu
des moments où les densités de population n’ont pas pu être
abaissées en dessous de ce seuil, malgré les pulvérisations
effectuées. En 2008, aussi bien dans les champs de blé que dans
ceux de carottes, les densités de population n’ont pas une seule
fois dépassé le seuil de nuisibilité. Le plus fort index de
jaunisse de l’aster de 2008 a été 42, et il a été atteint la
dernière semaine de juillet. En 2007, la valeur maximale de cet
index était d’environ 4800. Pour les variétés de carottes
résistantes, le seuil de nuisibilité économique correspond à un
index de 100. Une comparaison des photos prises en 2007 et en
2008 illustre clairement la différence drastique de niveau
d’infection, comme en témoignent les symptômes visibles dans les
champs de carottes.


Figure 1 : Graphique présentant
les différences d’index de jaunisse de l’aster entre 2007 et
2008, pour des champs de carottes de Portage-la-Prairie, au
Manitoba.


Figure 2 : Graphique présentant
les différences d’incidence de symptômes entre 2007 et 2008,
dans des champs de carotte de Portage-la-Prairie, au Manitoba.
Quant à la question de la survie des cicadelles de l’aster en
hiver, nous pensons qu’il n’y a aucun risque à dire que les
quelques cicadelles qui survivent à nos hivers ne contribuent
que de manière négligeable à la population de cicadelles que
nous voyons pendant la saison de croissance. La plupart des
recherches faites sur le sujet suggèrent que les cicadelles
pourraient être capables de passer l’hiver au stade d’œuf dans
des régions nordiques (Kansas, Nebraska) mais que ces individus
ne contribuent pas de manière significative aux populations
observées l’été suivant, et c’est exactement ce que nous avons
pu observer. Les conditions hivernales n’ayant pas été
exceptionnellement dures l’hiver 2007-2008, il n’y a aucune
raison particulière permettant d’expliquer la baisse
spectaculaire de population que nous avons connue après
l’explosion de 2007. Il semblerait donc que les cicadelles ne
survivent tout simplement pas aisément pendant l’hiver, dans le
nord de leur aire de répartition géographique. De notre point de
vue, ce sont donc des insectes ravageurs essentiellement
migrateurs dont nous devons surveiller l’arrivée avec les vents
du Sud.
Les
premières carottes fourchues (cause incertaine) ont été
observées le 11 juillet à Portage-la-Prairie, à des taux de 12
et 20 % dans deux champs. À la fin de la saison, on observait ce
genre d’imperfection dans tous les champs, à des niveaux de 8 %,
12 %, 20 %, 4 % et 32 % respectivement. Il faut savoir que la
taille de nos échantillons hebdomadaires est assez petite et que
c’est pour cela qu’il y a de telles variations dans ces nombres.
Des symptômes de brûlure cercosporéenne de la carotte (Cercospora
carotae) et da ns
une moindre mesure, de brûlure alternarienne de la carotte (Alternaria
dauci), ont été observés pour la première fois le 18 juillet
dans quatre des champs surveillés cette année. Dès le 8 août
2008, la brûlure cercosporéenne était présente dans tous les
champs à des taux de 32 %,16 %,12 %, 64 % et 52 %. Dans
l’ensemble, les dégâts liés aux brûlures des feuilles ont été
mineurs,
vu que les taux de gravité sont restés bas pendant toute la
saison 2008.
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